La quadrature du cercle

Mon P’tit pois fête ses 8 mois ce lundi. Et vlan, de plein fouet, on s’est pris l’angoisse de la séparation en pleine tronche avec trois jours d’avance !

J’aimerais pouvoir la féliciter pour sa presque ponctualité si mes nerfs me permettaient encore de jouer avec le second degré. Mais ô bon dieu d’bon dieu, je peux pas, je peux plus.

Des pleurs, mes bras, des pleurs, pas envie, oh et puis si, ah et tiens je veux bien manger à la cuillère, oh puis non, file-moi le bib’, et ton sein tu peux te le carrer là où je pense (non mais sérieux quoi, mon SEIN !), un rire nerveux, des pleurs, des cernes qui se creusent, un bébé qui s’endort à bout de forces dans mes bras et une maman… qui en a plein le dos, dans les deux sens du terme. Le papa ? pas beaucoup mieux !

C’est dingue, ce changement. Comme si une graine avait germé dans sa tête, une graine qui lui susurre dès que je disparais de son champ de vision qu’elle ne me verra plus jamais.

Mais le pire dans tout ça, c’est de n’avoir pas de mode d’emploi. Ou alors trop. Il y a les tenants du « laisse le bébé pleurer le soir, de toutes façons il faut qu’il comprenne », ceux qui t’expliquent qu’un bébé ne doit pas être laissé avec ses larmes, ceux qui proposent  de retourner le rassurer régulièrement en espaçant les visites jusqu’à ce qu’il se calme et s’endorme…

En lisant tout ça moi, je nage. Voire, je m’embourbe. Et le problème, c’est que je ne fais pas partie de ces mères qui Savent, qui ont la conviction que telle solution est la bonne. Mon instinct ? Il me dirait de garder ma petite loupiotte tout contre moi sans discontinuer, jusqu’à ce qu’elle s’endorme. Le problème, c’est qu’il n’est pas tout seul. Il se bat avec ma raison, qui voit bien que ça n’est pas -justement- raisonnable tout ça, ni pour P’tit Pois, qui en étant contre moi reste éveillée bien plus longtemps et accumule la fatigue, ni pour moi, qui accumule tout autant la fatigue et voit ma patience fondre comme peau de chagrin (alors que je suis d’une patience infinie avec les deux êtres que j’aime le plus au monde, ceci devrait d’ailleurs faire  l’objet d’un autre post…). Ah et puis il y a le physique aussi, mon dos qui dit « merde » au bout d’un moment, un gros point qui provoque une douleur en étoile sous l’omoplate gauche. Et comme Petit pois ne veux être tenue que debout et si possible en mouvement… voilà le tableau, quoi, c’est la grosse bataille dans ma tête.

Soit l’équation insoluble selon laquelle il faut préserver le sommeil de bébé, le réconforter et éloigner ses craintes, tout en préservant la santé et le sommeil de la maman, qui doit aussi maintenir un niveau d’exaspération en-deça d’un certain seuil de manière à rester suffisamment affectueuse avec son bébé. La quadrature du cercle.

Bon, comme j’ai pas la science infuse, ni le mari, on a commencé samedi soir en berçant notre fille, en tâchant de la réconforter et de l’endormir. Conclusion : après des hectolitres de larmes, elle s’endormait à 23h30 sur moi alors que je marchais (impossible de m’asseoir ou m’allonger sans qu’elle hurle à la mort). Le truc, c’est qu’on a fini épuisés (la journée avait déjà été très éprouvante, elle refusait net les siestes). Et qu’elle s’est réveillée ensuite à 3h, puis 7h.

J’ai donc opté pour la solution intermédiaire le soir suivant : 20h15, l’heure du dodo, hop, un gros bisou, des calins rassurants et au lit ! Les pleurs n’ont pas attendu qu’on soit sorti de la pièce, mais nous avons décidé de ne pas y retourner avant 10 minutes (c’est long, 10 min). En revenant, réconfort, chansons, bisous… et dodo, l’objectif était de ne pas la sortir de sa chambre pour qu’elle comprenne qu’il est temps de dormir, tout en lui expliquant à chaque fois qu’on vient la rassurer, qu’on est là et qu’on s’occupera toujours d’elle. Puis espacer : attendre 15 min, puis 20. Figurez-vous qu’elle s’est endormie à 21h10… à l’heure où j’écris ces lignes, je croise les doigts pour que la nuit soit calme. On verra si le soir suivant sera le même. Ou alors mieux, qui sait ?

En tous cas, je trouve que faire un choix est une torture pour le coeur. La sensation d’abandonner son bébé à son triste sort lorsqu’il pleure… se demander si en adoptant cette stratégie on ne met pas en péril l’équilibre psychique de sa fille… oui, tout de suite les grands mots ! Mais sentir, dans le fond, qu’il est nécessaire pour l’une comme pour l’autre de ne pas la laisser pleurer plus longtemps. Parce que si je décide de câliner ma fille et de la garder contre moi pour la rassurer… elle pleure plus longtemps et s’endort d’épuisement !

Alors, qu’est-ce qui est le mieux ? Je le sais à peine et le comble, c’est que personne ne peut le savoir, même si certain(e)s croient le contraire.

Publicités

7 réponses à “La quadrature du cercle

  1. A cet age GumBoy nous avait fait le même scénario, alors ça ne dure pas mais il faut s’armer de patience. Aller voir dans la chambre pour rassurer semble être une bonne solution, mais chaque soir c’était un peu plus. Un jour nous avons décidé d’être fermes et de lui expliquer que nous ne viendrions plus et l’avons laissé pleurer 5 minutes. Les couchers suivants se sont mieux passés. Guette également l’apparition de l’objet transitionnel. Doudou ou lange ou vêtement avec lequel elle aime jouer et se réveille le matin et ne pas hésiter à le trimballer partout.

    • 5 minutes c’est peu, la mienne est capable de tenir 10 à 15 min sans problème ! (jamais osé tester plus…) Mais je crois avoir trouvé une solution la nuit passée, je me poste au-dessus d’elle en lui racontant la journée qui nous attend le lendemain et je lui caresse les cheveux. En moins de 10 minutes elle dormait ! ouf !

  2. je pense que la méthode qui fonctionne pour soi est la meilleure, pas celle que les autres applique pour eux. Mais pas facile de rester serein face à toutes les influences qui nous entourent! j’espère une
    nuit sereine pour vous ce soir.

    • Là, elle dort déjà… et la journée a été beaucoup plus cool, il faut dire qu’en restant en tête à tête avec maman, ça ne peut qu’aller 😉

  3. C’est tellement vrai que tu trouves ça dur, que ça te prend au tripes et que tu sais même pas si ce que tu fais va servir à quelque chose….
    Je suis super contente pour toi que ça « s’arrange » 🙂

      • Oui, je me fais rire. Tu dis que t’as écrit ce blog pour raconter ce que tu vis avec ton bébé, rien de plus ou de moins que les autres, mais pourtant cette envie pressante de dire, raconter, partager. Et bien je me suis surprise à avoir très envie de raconter des trucs sur mon bébé avec les commentaires de ton blog, c’est la 1ère fois que je fais des commentaires sur un blog, c’est bien agréable 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s