L’allaitement, fingers in the nose

Ce que je vais raconter ici est absolument dégueulasse pour la plupart des mamans : j’ai eu un allaitement royal, et ça continue.

Il semble que j’ai eu une chance incroyable avec mon allaitement : à la naissance, ma goulue savait bien téter, elle a vite pris du poids, après 8 mois de Petit pois je ne déplore aucune crevasse à ce jour et on se paye le luxe d’un allaitement mixte, histoire de varier les plaisirs.

Avant que le Petit pois ne nous rejoigne, je savais que je voulais allaiter. Mais je le présentais toujours avec beaucoup de recul : « on verra bien si ça marche hein, je ne veux pas me mettre la pression et le vivre comme un échec si ça se passe mal. » C’était mon leitmotiv, ce que je répondais absolument systématiquement à la question : « et tu veux allaiter ? »

Bien sûr, je restais prudente parce que j’en avais entendu des discours d’allaitement difficile, de femmes qui expliquaient s’être senties perdues, et que si « on leur avait mieux expliqué elles auraient pu continuer. » Alors j’ai lu, lu sur les sites, notamment le dossier de la Mère joie (qui malheureusement est désormais en accès privé, va savoir pourquoi, mais vous pouvez consulter une itv d’elle ici, c’est d’ailleurs un site sur l’allaitement que j’ai pas mal parcouru). J’ai compris que l’allaitement demandait pas mal d’abnégation : tu ne partages pas cette tâche avec le père, c’est à toi de te coltiner chaque réveil la nuit et les nombreuses tétées en journée. C’est une donnée à intégrer, que j’ai immédiatement décidé de compenser en tâchant de faire des siestes en même temps que mon bébé. Je pense que si on a intégré ça, on a fait un grand pas vers un allaitement bien vécu.

Donc, j’en étais à l’avant naissance : suite à mes lectures et mes conversations avec mes copines primimultipares, j’ai décidé d’ajouter dans ma valise de maternité de la crème Lansinoh qui sert à badigeonner les tétons pour éviter les crevasses. Au moment de mon accouchement, j’avoue ne plus me souvenir de la première tétée… c’est fou d’ailleurs, même frustrant. Je crois qu’elle n’a pas eu lieu dans la salle d’accouchement mais dans la chambre, un peu plus tard. Mon Petit pois aurait volontiers fait une nuit complète, sa sortie l’avait épuisée, mais les auxiliaires puéricultrices n’étaient pas de cet avis. Elles l’ont réveillée au milieu de la nuit (et moi par la même occasion) pour la mettre à mon sein, pauvre petite chose qu’elle était, et vous pensez bien : après deux goulées elle se rendormait aussi sec contre une maman toute attendrie qui n’avait surtout pas envie de l’embêter, c’est vrai quoi, c’est pas une oie !

Pour vérifier qu’elle ne soit pas en hypoglycémie, il fallait alors lui piquer le talon pour prélever une goutte de sang. Un truc pénible quand même, pour un petit bout qui ne demande qu’à se reposer. Et quand on emmenait ma fille pour faire ce test, je n’avais qu’une hantise : qu’ils lui donnent un petit biberon pour la caler vite fait avant de revenir. Même si cette pratique n’existe a priori plus, je ne pouvais m’empêcher de prévenir la puer : « vous ne lui donnez rien hein ! » C’était ma petite parano à moi !

Enfin durant les trois nuits que j’ai passé à la maternité avec Petit pois, dès que j’avais un doute sur la position, sur la durée d’une tétée ou quoi que ce soit, je sonnais pour demander conseil à une puer. J’ai tenu à profiter à fond de cette période avant d’être lâchée dans la nature.

Bon, comme elle est goulue, que mes seins ont triplé de volume et qu’il semblait que l’allaitement s’était bien mis en place, on a pu quitter la maternité sereins, avec un bébé qui avait repris du poids comme il le faut avant d’être autorisé à sortir.

Une fois à la maison, les choses se sont installées tranquillement, même si durant les premières semaines ma petite s’étouffait souvent au sein, la faute à la vache laitière qui était trop productive !

Je n’ai eu qu’un seul souci : une mastite un mois après l’accouchement, une douleur incroyable au sein gauche, l’impression qu’un glaçon était calé à l’intérieur du sein. A en pleurer. J’ai feuilleté compulsivement l’internet mondial, ce grand ami des malades en tous genres, mais j’ai surtout suivi les conseils de la Leche league en faisant téter ma fille bien plus souvent qu’elle ne le demandait. Cela m’a aidé à déboucher le canal et à ne pas abandonner l’allaitement. Car arrêter d’allaiter à cause d’une mastite est une grosse erreur : vous aurez encore plus mal en laissant le sein s’engorger. Heureusement, en 36 heures c’était terminé.

Depuis, tout roule. Je me paye même le luxe d’offrir une partie de mon lait au lactarium depuis quelques semaines, en espérant que des petits prématurés bénéficieront de ce breuvage comme ma fille a pu en bénéficier, et que ça les rendra aussi beaux et forts qu’elle ne l’est (pas une maladie depuis sa naissance !).

Mon parcours en matière d’allaitement est absolument idyllique, j’en suis consciente. Cela ne me permet de donner que très peu de conseils, mais je dirais tout de même à toute maman en devenir de :

  • Prendre le temps, avant la naissance, de lire les nombreux témoignages que l’on croise sur la toile, ou mieux, d’en discuter avec des amies. Plus on accumule l’expérience des autres, plus on sait à quoi s’attendre. Faire en sorte de ne pas être surprise permet de réagir mieux et plus rapidement en cas de problème, et surtout d’éviter les gros coups de déprime et la tentation de laisser tomber.
  • Profiter à fond des puéricultrices de la maternité pour demander des renseignements, généralement elles ont toutes suivi une formation sur l’allaitement (c’était en tous cas le cas dans ma maternité). N’hésitez pas, si l’allaitement démarre difficilement, à avoir recours à une sage-femme pour des visites à domicile.
  • Eviter absolument la tétine ou le mélange sein/biberon au moins le premier mois, si c’est possible. Car la succion n’est pas la même et peut troubler le bébé, qui risque de trouver le biberon plus facile.
  • Se référer aux dossiers de la Leche league en cas de pépin, car quoi qu’on pense de cette association (considérée comme jusqu’au-boutiste par certains), leurs explications sont claires et rassurantes.
  • Personnellement, nous avons choisi d’avoir un berceau de cododo pour que je n’aie pas à me lever la nuit durant les tétées. Un très bon allié pour éviter d’accumuler la fatigue.

Et profiter, profiter de ces moments de câlins avec le bébé, de la douceur d’allaiter allongés l’un contre l’autre la nuit, alors que papa dort à côté…

(ouf, je n’avais pas prévu de faire un post aussi long… merci à celles et ceux qui sont allés jusqu’au bout !)

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19 réponses à “L’allaitement, fingers in the nose

  1. Je dois accoucher de notre petite fille dans une dizaines de jours et j’ai toujours voulu allaiter, merci pour ton article clair, rassurant et plein de bons conseils !

    • Aaah, si tu savais comme ça me touche de savoir que je peux partager à mon tour mon expérience, et d’apprendre qu’elle peut être utile à quelqu’un !
      Je te souhaite aussi un bel allaitement, et n’hésite pas si tu as des questions après l’arrivée de ta petite fille !

  2. Veinarde va!
    Ici crevasses, ampoules, réflexion d’éjection fort, engorgements et j’en passe. J’en ai parfois chialé de devoir mettre ma Sucrette au sein alors que je morflais autant mais au final mon allaitement s’est mis en place et aujourd’hui qu’elle a plus de 10 mois je l’allaite encore… Comme quoi il ne faut pas désespérer mais il faut surtout s’accrocher quand on n’a pas la chance de bénéficier d’un allaitement comme le tien 😉

  3. J’ai moi aussi eu un super allaitement, même si j’ai eu les fameuses crevasses du début. Comme toi je ne savais pas combien de temps ça allait durer, j’avais entendu tellement d’histoires d’échecs pour telle ou telle raison.Et finalement, ça a bien roulé. J’ai allaité ma Niminus jusqu’à ses 13 mois 😉

  4. De lire que vous avez fait des allaitements longs, ce qui se profile pour moi, me rassure : j’avais prévu d’arrêter vers 6 mois et j’en ai été totalement incapable ! Il faut dire que je n’avais aucune bonne raison, et il m’a fallu passer un cap pour admettre que je ferais partie des « allaitantes long terme », je culpabilisais un peu… et n’avais à vrai dire pas envie d’affronter le regard des autres. Bien heureusement, j’ai franchi le cap et on est tous très contents de la situation !

  5. Super ce témoignage d’allaitement et c’est génial de donner ton lait au lactarium, c’est un très beau geste!
    (J’ai parlé de tes petits pains au lait dans mon article programmé pour demain.)

  6. C’est cool de voir des témoignages rassurants comme le tien! c’est marrant j’ai aussi beaucoup potassé le dossier sur l’allaitement de LMJ quand j’étais enceinte de MissT

  7. ET bien tu as beaucoup de chances et les copinautes qui ont commenté avoir eu un allaitement « facile ». Ici mon bébé a 2 mois et je l’allaite mais qu’au tire-lait… L’allaitement au sein a été un vrai drame : perte de poids vertigineuse, tétées interminables, avis multiples et divergents des puer et j’en passe. Nous avons trouvé cette solution intermédiaire qui nous convient même si ce n’est pas toujours évident ! J’espère allaiter le plus longtemps possibles, malgré les discours parfois négatifs que l’on trouve sur le net sur cette façon de nourrir son enfant. Bonne route 🙂

    • J’imagine que ce ne doit vraiment pas être évident de tout faire au tire-lait… je crois que je n’aurais pas eu ton courage, chapeau bas !

  8. Très bon billet, après tout, il faut aussi du positif sur l’allaitement, non ?
    J’ajouterais cependant que chez nous, une nuit sur deux c’était le père qui se levait pour m’apporter le bébé au sein et qui après se relevait pour recoucher le bébé.

    • Hé hé, c’est pour ça qu’on a eu recours au berceau de cododo : on savait l’un comme l’autre que le père, marmotte de son espèce, n’aurais jamais eu le courage de se lever la nuit pour aller chercher le Petit pois ! Mais je dois dire que finalement il le fait, maintenant qu’elle dort dans sa chambre, et c’est plutôt chouette 🙂

  9. Hyper contente de voir un billet comme ça;-))
    J’ai aussi la chance d’avoir connu un allaitement au top pour la 1ère: 24 mois avec seulement 5 j de crevasses à ses 3 mois , sinon rien de rien.et pour le deuxième, il a 18 mois et le top: toujours allaité à la demande et 0 crevasses…je sais j’ai du bol, je fournis en quantité, pas de fatigue, de crevasses, bref ça roule vraiment et je dis pas ça pour faire genre mais c’est vrai,-))
    et rien

  10. Bravo super article mon ptit bout chou qui va avoir 7 mois est toujours allaité tout comme toi je ne savais pas combien de temps j’allaiterai mon ptit amour, je continue c’est des pures moment de bonheur malgré les multiples réveils la nuit qui m’épuise je n’arrive pas à arreterl’allaitement, je continue jusqu’a ce que maman vache lol ne puisse plus rien avoir comme lait. J’ai eu la chance d’avoir des grandes soeurs qui m’ont beaucoup conseillées, et à mon tour j’ai pu conseillé ma belle soeur pour allaiter sa petite puce. C’est clair il faut profiter un max aupres des puer et des sages femmes qui sont la pour ns épauler et nous conseiller. En tout cas merci pour ton article bonne continuation.

  11. Pingback: L’allaitement, fingers in the nose, deuxième ! | Le blog du p'tit pois·

  12. Très joli article 🙂
    J’ajouterai ma contribution en disant qu’il n’est pas impossible de donner une tétine à son bébé et l’allaiter en même temps, et ce, dès le début. Nous avons fait le choix de lui donner une tétine dès la 3ème nuit, pour diverses raisons. Aujourd’hui il tète toujours, mon sein le jour et sa tétine la nuit, et ne veut toujours pas de biberon… bon ça, ça serait bien pratique par contre hein… 😉

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