Un conte au peigne fin #1 : La princesse au petit pois

Image

Il fallait que je commence avec celui-ci, évidemment, avec un nom pareil… Voici une rubrique qui reviendra souvent je l’espère : le passage d’un conte au peigne fin, pour décrypter ce qu’il véhicule. Rien de bien sérieux, pas de psychanalyse de comptoir (quoique !), mais souvent un bon rire jaune !

A partir du moment où j’ai su que j’attendais une fille, mon regard sur les discriminations liées au genre s’est fait plus acéré. Tout s’est mis à me sauter aux yeux, à me révolter. La bichromie qui frappe ton entourage, à vouloir à tout prix habiller les garçons de bleu et les filles de rose. Les poupées, les voitures, les capricieuses, les bagarreurs… Tous ces clichés véhiculés dans notre quotidien sans même qu’on y prête attention. C’est la routine.

Et puis j’ai ouvert la boîte de Pandore en me replongeant dans les contes pour enfant. Commençons avec la Princesse au petit pois. Pour vous la faire courte, c’est l’histoire d’un prince qui cherche sa princesse, mais attention, une vraie hein, pas de celles qui minaudent mais qui en fait, une fois le mascara tombé, sont de vrais garçons manqués. Hé bien figurez-vous qu’il a du mal à trouver. Jusqu’à ce jour où se pointe à l’entrée du royaume, un jour de pluie, une fille paumée qui dit-elle, est une vraie de vraie princesse. Elle demande le gîte pour la nuit. La mère du prince rigole intérieurement et se dit « ah ouais, vraie princesse ? on va voir ce qu’on va voir ! » Elle imagine un piège maléfique : placer un tout petit pois sur le sommier , sur lequel elle place 20 matelas et 20 édredons. Le lendemain matin, quand on demande à la princesse si elle a bien dormi, celle-ci s’écrie « ah non, affreusement mal, quelque chose me gênait atrocement au milieu du dos ! » Ooooooooooh, une vraie princesse, toute délicate comme il faut ! Du coup, bazinga, le prince l’a épousée.

Bien bien bien.

Alors… par où commencer ? En Angleterre, où j’ai vécu 2 ans, il y a une catégorie de filles qu’on appelle les « high maintenance », comprenez que comme pour les voitures t’as le choix entre une Dacia, une Renault ou une Porsche, et quand tu choisis une Porsche tu sais qu’elle est belle mais que tu vas douiller en entretien. Ces filles « high maintenance » c’est pareil : t’as intérêt à leur offrir souvent des roses et leur faire des surprises genre un restau huppé, un week-end romantique et dépenser des sommes phénoménales dans de la lingerie fine pour qu’elles te regardent en battant des cils et en faisant « aaaawwww, you’re soooo lovely ! » En revanche, si t’as le malheur de ne pas leur filer ta veste quand elles ont froid alors que toi tu te pèles les miches, t’es plus bon à rien. Enfin surtout, ne tente même pas d’être « original » en leur offrant par exemple un saut en parachute, parce que ça ne t’apporte aucun bon point : c’était cool, mais en fait t’as voulu te faire plaisir en faisant passer ça pour un cadeau. Celles-là, elles ont pris le conte d’Andersen pour argent comptant : plus tu seras chiante, plus tu seras aimée.

Non parce que dans l’histoire là, la princesse, elle se fait quand même héberger chez des gens qu’elle ne connaît pas parce qu’elle s’est paumée (le mauvais sens de l’orientation des filles hein, c’est connu), et en plus au matin, la première chose qu’elle fait c’est se plaindre ! On croit rêver ! Et en retour, le mec il l’épouse quoi !!! Comment peut-on trouver cette histoire mignonne ? Et qu’est-ce qu’on transmet à sa fille ou à son fils quand on lui raconte ça juste avant qu’il ne s’endorme ?

Ce qui peut nous rassurer c’est que le prince a eu du mal à trouver sa vraie princesse…

Publicités

7 réponses à “Un conte au peigne fin #1 : La princesse au petit pois

  1. Et ne parlons pas des Blanche Neige et Belle au bois dormant ces grosses passives qui pioncent une bonne partie du conte pour finir par se faire épouser par un prince tombé amoureux de leur image (ouais elles causent presque jamais ces deux-là!) Je te conseille un vieux bouquin des années 70 qui traite déjà du conditionnement de la gente féminine dès le plus jeune âge « Du côté des petites filles » d’Elena Gianini Belotti. Les exemples sont parfois superficiels et le texte n’a pas forcément bien vieilli mais je trouve que les idées mises en avant sont malheureusement toujours d’actualité.

    • Héhé ! Le plus souvent sur le matelas mais en travers, sur le dos, quoique pour la première fois la nuit dernière on l’a trouvée dormant sur le côté en tenant fermement son petit oreiller dans une main 😀

  2. C’est vrai que les contes « traditionnels » sont ahurissant quand on les lit bien. D’ailleurs, je les évite autant que possible. Pour le moment, ils n’ont pas mis les pieds dans la maison… mais Surprise n’a pas encore 2 ans alors…
    Celà dit, les remarques, tu y a droit aussi quand c’est un garçon… Je me rappelle encore le regard de ma belle-sœur devant la magnifique couche rose bonbon de Surprise… (mais elle n’a rien dit, faut être honnête. 😉 )
    On a aussi eu droit à « quoi? vous ne voulez pas savoir le sexe avant la naissance? Mais comment vous allez faire pour la déco de la chambre… les petits vêtements???? »
    À croire qu’il n’y a que le bleu et le rose dans la vie… Et qu’un grand malheur t’attend si tu mets du bleu à une fille, et du rose à un garçon… ^^’

    • Je ne te le fais pas dire ! Ce sera sans doute l’objet d’un autre post, cette histoire de couleurs 😉
      Ici on a choisi de faire un mur bleu dans la chambre de notre fille, les autres sont blancs. Mais quand tu décides comme ça d’habiller ton bébé avec des couleurs variées et de faire une déco « extraordinaire » (comprendre : pas rose), l’entourage se croit obligé de compenser en offrant uniquement des trucs bien fifille, notamment plein de robes ! (alors que je ne lui en mets pas… suis une adepte des salopettes !)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s